Comment les systèmes de transport en commun au Canada s’adapteront-ils après la pandémie? - Interac Reports
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Comment les systèmes de transport en commun au Canada s’adapteront-ils après la pandémie?

Nous sommes quelques années dans le futur et vous planifiez vous rendre de l’autre côté de la ville.

Vous ouvrez l’application que vous utilisez pour vous déplacer et lui indiquez où vous voulez aller. Cette dernière sait comment vous préférez voyager. Elle vous recommande un itinéraire qui inclut trois modes de transport différents – un court saut en scooter électrique, suivi de quelques kilomètres en métro, et enfin un service de covoiturage qui vous mènera directement jusqu’à la porte d’entrée de votre ami. Et vous payez pour tout le voyage au sein de cette même application.

Les villes regardent au-delà des modes de transport (bus, trains, etc.) et des modes de paiement (espèces, jetons et cartes) que l’on connait déjà afin de tout inclure dans les réseaux de transport en commun, des vélos aux traversiers aux paiements faits directement via téléphones intelligents. Ces nouvelles technologies et ces expériences imaginatives de transport en commun ne seront pas seulement une fioriture pour les collectivités canadiennes. Ces «solutions de transport multimodales» peuvent aider les autorités de transport à relever les défis liés à la COVID-19 – et à long terme, elles pourraient les aider à faire face à une demande qui augmentera avec les décennies à venir.

En pensant à la mobilité en tant que service public qui peut être fourni de plusieurs façons – liant le tout à l’aide de la technologie – les autorités de transport en commun pourraient potentiellement rendre les réseaux accessibles à des personnes qui autrement ne seraient pas desservies, dit Sean Hertel, un urbaniste basé à Toronto avec une expertise dans le développement axé sur le transport en commun.

«Nous parlons moins d’infrastructure et plus de mobilité», déclare Hertel. «Les agences de transport envisagent de fournir des services qui arrivent à temps et qui sont adaptés aux besoins des usagers à différents moments de la journée.»

Se remettre de la pandémie

La pandémie de la COVID-19 a entraîné une réduction du nombre d’usagers alors que le plusieurs pratiquent la distanciation sociale. De nombreux ex-navetteurs continuent de travailler à domicile. Mais les villes peuvent s’adapter en vue d’un jour où le nombre d’usagers de transport en commun se stabilisera et recommencera à grimper. Les arguments familiers en faveur de l’amélioration des transports publics – y compris un air plus pur, des économies locales plus dynamiques et moins de congestion routière – sont toujours tout aussi convaincants.

Alors que les navetteurs émergent de leur bureau à domicile, les experts de transport en commun prédisent qu’ils voudront avoir beaucoup plus d’options dans la façon de se déplacer. Cela pourrait signifier de se déplacer de manière harmonieuse entre les modes de transport qui ont du sens à ce moment précis, comme dans le scénario illustré au début de cet article. Il y a déjà des rapports selon lesquels les usagers en Chine et en Europe ont commencé à remodeler leurs villes en adoptant des moyens de transport public non traditionnels – tels que les vélos partagés – alors que leurs confinements se sont atténués.

Essais de «mobilité en tant que service»

Même avant la pandémie, les usagers du monde entier démontraient un intérêt croissant pour les options de transport et de mobilité remaniées, ainsi que pour des moyens innovants d’interagir avec leurs systèmes de transport en commun, y compris les paiements sans contact.

Depuis la fin de 2018, les navetteurs à Londres, en Angleterre, peuvent utiliser des cartes sans contact – y compris leurs cartes bancaires – pour louer un vélo. Transport for London a récemment augmenté le nombre de stations de vélos à proximité de centres de transport en commun, dans le but de mieux intégrer le vélo en libre-service dans leurs déplacements quotidiens.

Les essais de mobilité en tant que service se déroulent également plus près de chez nous. Depuis 2017, la communauté ontarienne d’Innisfil est l’une des premières municipalités au monde à s’associer à un service de covoiturage pour aider les résidents à se déplacer. Les passagers réservent leurs trajets via l’application Innisfil Transit dédiée, qui leur offre l’avantage d’un tarif réduit.

Innisfil a entrepris ce projet parce que le personnel croyait que de subventionner le covoiturage pourrait offrir le même service à un coût inférieur à celui d’un ou plusieurs nouveaux itinéraires d’autobus. Un partenariat avec un service de covoiturage peut être un moyen intelligent de servir un petit groupe d’usagers «si cela a du sens d’un point de vue du service et économique», explique Hertel. «Nous devons nous demander: le rôle du transport en commun est-il de faire fonctionner des bus ou des trains, ou est-il de fournir des services de mobilité?»

Des solutions comme celles-ci sont parfois appelées «microtransit». Le terme fait référence à des services à petite échelle qui offrent des horaires fixes ou du transport sur demande. En plus des partenariats avec des services de covoiturage privés, le microtransit peut inclure l’utilisation de petites navettes de quartier.

Et si les passagers se déplacent plus fréquemment entre différents modes de transport, des systèmes de paiement sophistiqués et sans contact seront essentiels pour que les différentes étapes du voyage s’harmonisent.

De retour au présent, notre banlieusard hypothétique qui planifie se rendre de l’autre côté de la ville doit naviguer un éventail de méthodes de paiement, de systèmes tarifaires et d’applications. Même de franchir une frontière municipale invisible peut forcer un usager à payer le double. (Pour donner un exemple de ce qui pourrait être accompli en utilisant des systèmes de paiement intégrant des tarifs transfrontaliers: une étude a suggéré que l’achalandage quotidien entre Toronto et Mississauga pourrait augmenter de 26 000 d’ici 2031 si les villes adjacentes harmonisaient leurs structures tarifaires – ce qui pourrait être possible grâce à une app.

Les usagers désirent un futur plus pratique

Les Canadiens croient déjà que les paiements de transport en commun devraient être plus faciles. Quatre personnes sur 10 ayant participé à un récent sondage d’Interac ont déclaré qu’elles trouvaient que ces paiements étaient fastidieux au moins la moitié du temps, et 68% ont convenu que monter à bord d’un véhicule de transport en commun devrait être aussi facile que de payer pour leur café du matin.

L’impact de la pandémie de la COVID-19 a également incité les Canadiens à opter pour les paiements sans contact plutôt qu’en espèces [insérer le rapport Interac]. À mesure que les municipalités continuent de grandir et que les tendances de l’achalandage évoluent, les paiements sans contact peuvent aider les navetteurs à voyager en toute sécurité.

D’un point de vue technologique, les autorités de transport en commun peuvent commencer à créer ce type d’expériences harmonieuses dès aujourd’hui. À terme, les passagers pourront choisir parmi une gamme d’options de transport en utilisant leurs cartes de paiement et portefeuilles mobiles existants – en d’autres termes, les mêmes produits et appareils qu’ils utilisent pour payer pour ce café – tout en recevant les reçus, le suivi et les soldes en temps réel.

Alors que les autorités de transport en commun et autres fournisseurs de services de mobilité travaillent en collaboration avec le gouvernement et les fournisseurs de technologie et de paiement pour rendre le déplacement d’un endroit à un autre pratique et sécuritaire, les passagers ne peuvent qu’y gagner. En tant qu’idéal pour nos villes et communautés en croissance, imaginez le jour où un seul voyage signifiera un tarif unique et unifié – et les limitations qui sont présentes aujourd’hui n’existeront plus du tout.

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